dimanche 27 janvier 2008

Le chat

Le chat

Il somnole

Paresseux,

Profitant du pâle soleil d’hiver

Derrière le carreau,

Puis s’étire

Elégant,

Tout en souplesse,

S’installe devant le feu,

Lustrant son poil

Infiniment.

Sûr de lui

Et de sa beauté,

Il s’en va exiger

Son du de nourriture

Et de caresses.

Prince en son royaume,

Il y déambule,

Gracieux

Et hautain :

Le chat !

mardi 22 janvier 2008

La maison


La maison

Un livre ouvert sur le canapé,

Une légère odeur de café,

Des enfants qui courent dans la maison,

Un rire qui fuse sans raison,

Quelques notes de piano,

Sur le tapis, abandonné, un kimono,

Une porte qui claque quelque part,

Un rayon de soleil sur un miroir,

Et tout là-haut, sous les tuiles roses,

Un endroit à nous, une chambre close,

Un nid douillet où éclôt le désir,

Un lit secret où fleurit ton sourire …

vendredi 18 janvier 2008

Ondine

En faible écho à l'Ondine de Giraudoux ...

Petite fille libre

Aux longs cheveux d’argent,

Tu jouais insouciante

Dans les cascades claires

Et un jour

Tu as rencontré l’Amour…

Il était le prince de tes rêves,

Vous avez plongé dans cette lumière,

Oublié le royaume de l’eau

Et effacé la bêtise des hommes.

Petite Ondine,

Tu as défié vos lois,

Défaisant une à une

Les vagues qui te retenaient,

Sortant nue des flots lisses,

Tu t’es crue à l’abri dans son refuge.

Tu es devenue la plus belle

Des souveraines

Et la plus imparfaite.

Tout ce que tu étais

Se retournait contre toi :

Ta liberté, ta candeur, ta légèreté.

Les lourdes parures humaines

Rendaient ta grâce maladroite.

Le monde des hommes a repris

Ton chevalier

Une femme a su le séduire.

Vous étiez condamnés …

Tu savais que les eaux

Se refermeraient sur toi,

Accablantes, sans pitié.

Tu savais qu’il devait mourir

Et qu’il ne te resterait que l’oubli.

Une dernière fois

Vous vous êtes revus,

La petite étoile n’était pas morte,

Elle dansait encore

Dans vos yeux, dans vos cœurs.

Un dernier baiser

Un dernier adieu,

Avant de quitter la vie,

Avant de perdre la mémoire …

Loin au dessus du château,

Du lac, de la cascade

Le vent emporte doucement

Les noms de Hans et d’Ondine …

jeudi 17 janvier 2008

Mais ...

Mais …

Certains jours se déclinent tout en gris,

Certains jours même l’espoir dépérit,

Certains jours sont noyés de pleurs,

Certains jours ne sont que douleur,

Certains jours les murs se resserrent,

Certains jours ignorent jusqu’à la prière,

Certains jours l’âme est toute vide,

Certains jours ont une haleine fétide,

Certains jours brisent les baguettes des fées,

Certains jours la beauté est étouffée,

Certains jours sont rongés d’envie,

Certains jours se détournent de la vie,

Mais …

Parfois une lueur perce le rideau de la nuit,

Parfois un sourire illumine l’ennui,

Parfois un papillon fait briller le soleil,

Parfois un rêve embellit le sommeil,

Parfois un enfant joue sous la pluie,

Parfois un nuage rosit et s’enfuit,

Parfois un ange danse dans le ciel,

Parfois un baiser est plus doux que le miel,

Parfois une étoile veille sur les âmes sombres,

Parfois un ami surgit de l’ombre,

Parfois un mot touche droit au cœur,

Parfois l’amour ressemble au bonheur …

lundi 14 janvier 2008

Sur le tilleul immaculé



Ce matin

Le jardin se réveille

Sous un voile de mariée.

Toute la nuit

Les petites fées du givre

On brodé des dentelles

Arachnéennes

Pour le parer d’illusion.

Maintenant il repose…

Rêve blanc

Sortant de la brume.

Pas un bruit …

Même le vent,

Emu par toute cette beauté,

Se tait.

Un pâle rayon de soleil

S’essaie à nacrer

Cette candeur éphémère,

Puis explose

En lumière blanche

Dans un ciel céruléen.

Magie d’un instant …

Et tout là-haut

Sur le tilleul immaculé,

Se pose une mésange bleue …


samedi 12 janvier 2008

Grosses gouttes de pluie


Petit délire écrit dans une voiture qui filait sous une pluie battante sur l'autoroute ...

Et toujours le corsaire ...







Le déluge s’abat sur l’autoroute. Une voiture roule sous la pluie, petit bolide, parmi d’autres bolides lancés sur l’asphalte brillant. Sur la banquette arrière, une fille rêve… La route ondule, les nuages courent, se rattrapent et crèvent dans une presque nuit. La fille s’en moque. Dans son rêve, il y a de l’eau aussi : de l’océan. Elle sourit dans son demi-sommeil. Elle passe un doigt léger sur la joue rasée de près d’un séduisant corsaire. C’est ridicule ! Un corsaire n’est pas rasé de près … Elle se la rejoue. Elle passe donc un doigt léger sur la joue piquante d’un non moins séduisant corsaire … Mais que diable vient faire ce pirate dans cette voiture ?

L’autoroute est une nébuleuse. Chaque voiture dépassée est une comète de pluie, traînant sa queue brumeuse de fines gouttelettes. La fille s’endort pour de bon, bercée par le ballet des essuie-glaces.

Et revoilà le flibustier qui s’approche en souriant et vient frotter de façon fort impertinente son menton contre le sien. Son ton est moqueur et ses yeux pétillent quand il demande :

- Alors, Lady, vous n’aimez pas quand ça pique ?

Ladite Lady n’est pas chochotte à ce point, mais piquée au vif, elle répond un peu pincée :

- J’ai la peau délicate !

tout en pensant :

- N’importe quoi !

et en étouffant un sourire. Le corsaire disparaît dans un grand éclat de rire et elle se réveille un peu frustrée, comme si on l’avait lésée d’un baiser.

Les vannes du ciel sont toujours ouvertes. Les lumières des véhicules et le rideau vert des arbres sont les seules notes de couleur que l’on distingue dans ce gris mouvant. Elle tente de se concentrer sur le vert glauque des frondaisons derrière le rideau d’eau. La route monte et descend. Le bateau tangue.

- A l’abordage !

crie une voix. Les voiles claquent. Les épées cliquètent, la bataille fait rage sous la pluie tropicale …

- Ne faites pas de prisonniers. Passez les tous au fil de l’épée !

hurle la même voix.

Plus tard, on entend seulement encore le crépitement de la pluie et soudain elle le voit, ruisselant et riant, essuyer sa longue épée et son coutelas debout derrière le gouvernail.

- Mes lames vous intéressent, Lady ? Regardez celle-ci, c’est la plus belle, un vrai bijou ! Une dague, qui me vient d’un marchand vénitien.

- Ainsi, vous êtes donc pirate !

- Vous m’offensez ! Je suis corsaire du roi, je n’ai rien d’un vulgaire pirate !

- Je vous prie de m’excuser, je n’y entends rien. Mais puis-je vous suggérer de vous servir de votre dague pour vous raser ?

Décidément cela devenait une obsession. Elle n’avait qu’une envie effleurer cette joue et plonger dans ces yeux sombres et pétillants.

Comme si la pluie ne suffisait pas, l’orage arrive. Le ciel est d’encre. Zébré ça et là par le sourire carnassier d’un éclair. Le tonnerre roule comme le rire d’un ogre. Et toujours cette pluie battante. Au milieu des éléments déchaînés, le corsaire souriant frappe à la vitre arrière de la voiture et la silhouette hilare et trempée s’installe à côté d’elle. Le visage rasé de près, au regard infiniment tendre s’approche du sien …

Dort-elle ? Devient-elle folle ? Est-ce à cela que ressemble la cellule capitonnée d’un asile d’aliénés ? A la banquette arrière d’une voiture ? Qu’importe en fait, à condition qu’on l’enferme dans cette bulle avec ce séduisant corsaire …

mercredi 9 janvier 2008

De loin ... un ange ...


Même de loin ...
le regard des anges est toujours plein d'amour ...

















Elle a jeté la clef de son cœur

Dans les étoiles

Et s’est assise au bord de l’océan.

De loin, un ange veille sur elle.

Il a posé des larmes à ses yeux,

Des mots dans sa tête

Et un sourire sur son âme.

Il la berce d’embruns

Pénétrants et légers comme la tendresse.

Elle se perd dans ses rêves.

Un jour, il lui rendra la clef …