vendredi 16 novembre 2007

Dehors



Gouttes de soleil,

Rayons de pluie,

Feuilles dans le vent,

La vitre filtre la vie…

Dehors, tout est couleurs et bruits,

Les nuages bleus filent dans un ciel gris,

Les enfants jouent dans des bulles d’air …

Dedans, c’est le silence,

Dedans, les pensées dansent

Et la douleur se vautre dans le grand lit défait.

jeudi 15 novembre 2007

Entre rêves et sommeil


A quoi servent les rêves ... si ce n'est à parsemer les nuits, d'un peu de magie ...











Une étoile bleue se balance

Dans un ciel de lait,

Une petite sorcière danse

Frileuse dans son gilet.

Devant son miroir rose

Une aurore se démaquille,

Derrière la porte close

Une âme se déshabille.

Un enfant joue dans les nuages

Avec de jolis soleils verts,

Les fleurs se cachent dans les pages

Des plus gros dictionnaires.

L’amour écrit en blanc

Pour se rendre illisible,

L’humour noir glisse légèrement

Sur une blessure invisible.

Un arc-en-ciel s’éveille

Sous la caresse d’un papillon

Entre rêves et sommeil

La nuit se pare d’illusions …

Il est des yeux


Souvent la première chose qu'on voit chez l'autre ... et souvent la plus révélatrice ... les yeux ...











Il est

Des yeux

Couleur d’océan,

Changeants

Au gré de toutes les incertitudes

Et des yeux couleur de nuit,

Lourds de tendresse

Et d’inquiétude.

Il est

Des yeux,

Reflets de l’âme,

Fenêtres ouvertes

Sur les abîmes du cœur.

Invitation

A plonger dans cet amour là,

S’y perdre à bout de souffle,

A fleur de peau,

Jusqu’à la déraison,

La reddition, sans condition.

Il est

Des yeux,

Eclats bleus, verts, gris,

Brumes, embruns, clartés du matin,

Ou encre noire, velours sombre,

Feu qui couve dans l’ombre,

Tendresse sans fond,

Douceur et passion.

Il est

Des yeux …

Dont on ne revient pas …

Page blanche


Je vous invite à un petit moment de douceur et de sérénité avec cette jeune femme qui écrit ...


(Merci à mon amie MJ, pour la belle illustration. C'est à elle également que je dois le magnifique voilier que j'ai mis avec mon Inventaire)








Le saule pleureur frémit doucement dans la brise.

Il étend son ombre mouvante

Sur la femme assise

A ses pieds … pensive, presque absente.

Sur ses genoux, un cahier,

Une page blanche …

Un rayon de soleil prisonnier

Y danse, s’y déhanche.

Un doigt distrait glisse sur la feuille,

Comme une caresse

Et y cueille

Sans hâte, le petit rai de tendresse.

Une page blanche … si pâle,

Légère comme un silence,

Vierge d’opale,

En attente d’une confidence.

Doucement, la femme se penche,

Sa plume se met à courir

- Eclat pervenche -

Entre passé et avenir.

Elle dit ses angoisses, ses espoirs,

Dessine les ailes du désir,

Hésite et se dévoile comme dans un miroir,

Se perd dans la brume légère des souvenirs.

Elle raconte et décrit,

Jouant avec les mots bavards

Et parfois son air attendri

Cache des paroles barbares.

Elle réfléchit comme une enfant,

Sa main en suspens dans le vide,

Puis sourit et reprend

Son écriture d’un geste timide.

La page est maintenant encrée de bleu,

Tatouée de rêves et d’amour,

De chagrins silencieux

Et de larmes roulant sur des joues de velours.

La main s’arrête, tremblante d’émotion.

Le saule frissonne … Sur la plus haute branche

Se pose un vol de papillons.

Et le cahier s’ouvre sur une nouvelle page blanche …

La légende de la lune




Il était une fois une jolie princesse appelée Lune, qui se maria au prince Soleil. Ils vécurent longtemps heureux et eurent de nombreuses petites étoiles. Mais le temps passant ils se rendirent compte qu’il était difficile d’accorder le jour et la nuit. Lune n’aimait rien tant que de danser sur les vagues argentées et fraîches de l’océan, ou écrire des poèmes en regardant la voie lactée et Soleil considérait comme son devoir de visiter chaque jour les déserts arides et les forêts équatoriales. Ils se voyaient de moins en moins et Lune s’en inquiétait mais Soleil refusait de négliger ses tâches.

Un jour Lune rencontra Nuage, un vieux nuage épais, gris, aux bords déchiquetés, un nuage qui avait abrité des anges et des éclairs, un nuage usé qui avait bourlingué aux quatre coins des cieux, mais un nuage qui prenait le temps de lui parler et de jouer à cache-cache avec elle. Ils prirent l’habitude de se promener ensemble dans la nuit et Lune se rendit compte qu’elle était tombée amoureuse. Amoureuse au point de songer à quitter Soleil toujours ailleurs et les étoiles qui n’avaient plus besoin d’elle. Elle aurait aimé s’installer avec Nuage sur une île perdue au milieu de la mer, elle aurait passé sa vie à l’écouter et à l’aimer.

Si Soleil, tout à ses occupations ne voyait rien, il en est un à qui rien n’échappait, c’était le roi Ciel, père de la princesse Lune. Il la convoqua et lui apprit qu’il connaissait son idylle et exigea qu’elle renvoie Nuage, qu’il traita de vieux vagabond, de charlatan, de faiseur de vent, de pauvre hère indigne d’une princesse, et autres joyeusetés. Il rappela à Lune sa naissance royale et ses devoirs. Elle se défendit de façon véhémente ou plutôt elle défendit son amour. Nuage était peut être vieux, sans beauté et sans aucune noblesse céleste, mais personne ne l’avait jamais aimée comme lui et jamais son propre cœur n’avait connu telle passion.

Lune s’enfuit du palais paternel et courut se lover dans les volutes de Nuage. C’était l’endroit au monde où elle se sentait le mieux. Elle posait sa tête dans le creux de son cou et se fondait dans son infinie tendresse. Nuage, aussi triste qu’elle, essayait pourtant de la persuader que la séparation était la solution qui ferait le moins de dégâts et un matin à l’aurore il se dirigea vers les contrées chaudes, résolu à disparaître en gouttes bienfaisantes sur une terre desséchée que son eau ferait revivre.

Désespérée Lune partit se réfugier sur l’île où elle avait espéré vivre avec Nuage. Elle faillit se déliter. Sans l’amitié de l’Océan, elle serait morte, d’ailleurs une part d’elle-même était morte. Elle reprit sa vie de princesse céleste, mais presque en automate. Elle ne s’autorisait de faiblesse que quand elle revenait sur l’île, pour y pleurer, parfois pour essayer de mettre sa tristesse en mots dans des poèmes mélancoliques et arachnéens que le vent emportait dans la nuit. Alors elle s’asseyait au bord des vagues et appelait inlassablement son amour. Un soir la mer vint à sa rencontre quand elle appela Nuage et revint à chaque fois qu’elle répétait tendrement son nom. Elle eut l’impression de voir des volutes fantomatiques se former devant son regard. De toute la force de son amour, Nuage s’était laissé pleuvoir, avait couru dans la terre pour rejoindre une rivière, puis l’océan, s’était battu contre courants et tempêtes pour revenir lentement vers l’île, porté par des milliers de vagues.

Depuis, assise toutes les nuits sur la plage, Lune rêve de se lover dans les volutes de Nuage, et quand elle l’appelle, toute la mer monte vers elle. Et Lune veille tendrement sur les marées que son amour pour Nuage a créées car tous les jours, par deux fois, Nuage sous sa forme marine vient rendre visite à sa bienaimée, l’embrassant de milliers d’embruns

Rêves libellules







Petit délire léger comme une bulle ... sans point et virgule ...








Jolie libellule

Minuscule

Funambule

Joue dans une bulle

Au crépuscule

Bidibulle

Conciliabule

Sans virgule

Et puis bascule

Sans préambule

Dans l’opuscule

Du lectambule

Quand la pendule

Du vestibule

Sonne sans scrupules

L’heure ridicule

Du somnambule

Et l’ombre tarentule

Majuscule

Ondule

Etendant ses tentacules

Noctambules …

mercredi 14 novembre 2007

Inventaire


Il y a l’inventaire de Prévert,

Le mien est arbitraire, sagittaire, imaginaire :

Il contient – en vrac - des centaines de livres,

De la douceur pour bien vivre,

Des enfants heureux

Et des animaux joyeux.

L’océan, le sable, le vent,

Un capitaine sur son bateau blanc.

Il y a bien sûr le soleil … grand,

Levant, couchant, flamboyant …

Une cuisine presque antique,

Mais si … aromatique …

Un canapé rouge, un feu,

Du Chopin, quand il pleut.

Il y a … en été un coin de jardin,

En automne les plaisirs citadins.

L’ombre d’un tilleul pour rêver,

Des carnets et un stylo préféré.

Il y a … une eau de toilette,

Comme une amulette,

Les collections secrètes :

Chaussures et lingerie discrète.

Il y a bien souvent la peur, le manque de confiance

Et cette petite étoile, qui s’appelle espérance …

Des nuits d’insomnie qui finissent en rêve,

Des mots qui jouent dans ma tête, sans trêve.

Une vieille maison,

Confortable en toute saison.

Des objets qui traînent,

Des dessins d’enfants par douzaines.

Il y a des lettres précieuses

Des heures délicieuses,

Des yeux qui pétillent, des boucles de cheveux,

De petits coins de ciel bleu,

Des doutes, de la mauvaise foi ;

Un homme dont je porte la bague au doigt.

Il y a la vie comme un long fleuve tranquille,

Et puis des passages difficiles,

Des framboises à la crème,

Des milliers de « Je t’aime »,

Un carré de soie comme une caresse,

Les après-midi de paresse …

Il y a les souvenirs d’école,

Un petit sentier de ronces et d’herbes folles,

Des mythologies et des légendes,

Une friandise en pâte d’amande,

Un ordinateur et des dictionnaires,

Une petite fille, rêveuse lunaire,

Le battement d’aile de papillons en folie,

Et des crises de mélancolie.

Des parents, des aïeux, Dieu,

Et un cœur qui ne sait pas dire adieu …