mercredi 18 mai 2011

La fable de Colinette




La fable de Colinette, la bergère barbare

Colinette,
La jolie bergère barbare,
Gardait ses moutons en haut d’une falaise.
Le hasard
Ou la providence
Avait fait qu’elle fut élevée par des nonnettes
Et apprit à lire.
Ce ne fut pas une réussite :
Colinette fut bergère bien légère,
Elle lisait trop, pour surveiller ses moutons,
Et les mouettes rieuses
L’incitaient trop à rire aussi,
Pour qu’elle soit une bonne barbare.

Un jour de printemps,
Prise dans sa lecture,
Elle ne vit pas arriver un voilier …
Un pirate en descendit.
Il trouva Colinette à son goût
Et après une résistance farouche,
Elle prit goût à ses caresses.
Mais un jour,
Le pirate amoureux lui apprit tristement
Qu’il était prince de sang
Et que dans son pays,
Les princes n’épousaient pas les bergères,
Même s’ils les aimaient
Et qu’il lui fallait un héritier.
Colinette le mit à la porte,
Le cœur en berne.
Lui, attendit un vent favorable et partit.
Pendant longtemps,
Colinette ne pensa plus à lire,
Ni a à rire,
Elle oublia moutons et mouettes
Et pleurait des rivières.

Puis à la foire d’hiver,
Elle rencontra le grand Colin,
Qui sut l’amuser
Et elle eut envie de le séduire.
Colin tira le gros lot.
Il eut un troupeau à garder
Et une femme érudite
Qui aimait rire.
Ils s’aimèrent tendrement …
Petit à petit, arrivèrent quelques Colinot
Et notre bergère barbare
Et liseuse
Fut compagne rieuse
Et maman gâteau.
Les années passèrent,
Mais toujours,
Colinette aimait rire
Et lire.

Une nuit d’été,
Dans l’ombre violette,
Elle découvrit une jeunette
Qui prenait la fenêtre de Colinot aîné
Pour la porte d’entrée.
Surprise, elle reconnut les traits du pirate
Sous les jolies bouclettes.
La jeune intruse, très décidée,
Clama tout de go
Qu’elle aimait son Colinot.
Pour une fois, Colinette se fâcha,
Fustigea l’impudente
Et lui raconta son histoire.
La jeune fille rit à gorge déployée et dit :
« Le pirate est mon père !
Le sot vous abandonna pour un ventre titré,
Du bout du comté.
Mais point de petit prince,
Comme escompté,
Uniquement une flopée de petites marquises,
Au demeurant, toutes exquises.
Je suis la plus jeune,
Libre de faire ce que je veux.
Et ce que je veux, c’est Colinot,
Ses moutons et son rire clair !
Je veux devenir barbare et bergère
Et liseuse rieuse ! »
Ce discours amusa Colinette
Et Colin donna son accord.
Et l’on continua à rire et à s’aimer
Dans la bergerie sur la falaise …

Moralité de l’histoire :
Mettez un prince à la porte
Et une marquise entrera par la fenêtre !

SW

mercredi 4 mai 2011

De brume et d'embruns




De brume et d’embruns

Ton ombre de prince
Se promène, altière et sereine,
Dans les allées de mon cœur,
Aussi réelle
Que le premier « je t’aime »
Qui illumina une nuit d’hiver,
Aussi sombre
Que les nuages qui t’ont emporté
Vers d’autres cieux …
Mais le temps a tissé sa toile,
La douleur s’est éloignée, enfin !
Par delà les mondes,
Tu restes ce capitaine
De brume et d’embruns
Qui abreuve de douceur
Ma mémoire vagabonde.
Tu te délites
Dans une bruine tendre
Qui m’enveloppe
Comme les ailes d’un ange.
Et ton fantôme évanescent
Aime se poser,
Léger et bienveillant,
Dans le coin le plus sauvage
De mon jardin secret.

SW

mardi 29 mars 2011

Balade nocturne






Entrouvrir
Les portes de la nuit,
Se laisser happer,
Par l’obscurité,
Puis lever les yeux
Et chercher sa petite étoile,
L’appeler doucement,
La regarder tomber …
Le plus difficile
Est de sauter dessus
Juste avant qu’elle ne touche la terre
Et repartir avec elle.
Se laisser emporter
Pour une balade magique,
Eblouissante …
Se réveiller le matin,
La tête pleine d’étoiles
Et s’étonner
Que le ciel soit si bleu …

SW

lundi 7 mars 2011

Femme d'aujourd'hui


Femme d’aujourd’hui, qui es-tu ?

Es-tu l’Eve éternelle ou l’éternelle seconde ? Es-tu la mère ou la courtisane, la déesse ou l’esclave ?
Je te regarde ! Je te vois te lever tôt, te faire belle dans le petit matin encore brumeux d’une nuit trop courte, préparer du café que boira l’homme de ta vie ou des tartines que dévoreront tes enfants, te presser pour être à l’heure, travailler, bavarder, soupirer, sourire, déjeuner de trois fois rien par souci pour ta ligne, travailler, bavarder, soupirer et sourire encore, avant de te dépêcher de rentrer. Rentrer ? ah, non ! il y a les courses, ou un peu de sport en salle et puis, il faut récupérer les enfants et surtout ne pas être fatiguée. Il y a le dîner à préparer, les devoirs à faire, un chagrin à consoler, une histoire à écouter ou à raconter, un câlin à partager ou un petit secret. Il y a le retour de l’homme, qui a travaillé dur et qui le fait savoir ou qui revient de voyage et qui a besoin d’un remontant, ou qui tout simplement est content de te retrouver, toi et ta couvée. Après le dîner, souvent animé, tu n’as même plus envie de te lever. Tu rêves d’une bonne qui s’occuperait de tout à la cuisine, d’un bain chaud et d’un massage. Tu mobilises tes forces pour ranger, doucher les petits et leur lire une histoire. En revenant au salon, tu aimerais être cette femme séduisante et pleine de charme que vantent les magazines, cette femme modèle qui se passionne pour la carrière de son mari, cette femme informée qui a déjà lu le dernier best-seller ou vu le film intimiste et intello du moment, cette femme aimante, inventive, imaginative et généreuse, qui sait allumer une petite lueur dans les yeux de chaque mâle et de chaque enfant … bref cette femme parfaite que Dieu imagina un jour … mais tu n’es plus qu’une petite chose fatiguée qui aimerait se blottir sous la couette ou être serrée dans des bras protecteurs.
Est-ce vraiment tout ?

Femme d’aujourd’hui, je t’observe même derrière le rideau de saules pleureurs qui cache ton jardin secret. Je sais que tu es la fée qui s’amuse à allumer les étoiles une à une dans le ciel d’été, la petite fille rieuse qui se balance sur un arc-en-ciel après l’orage, l’ange sombre qui veille près d’une tombe …
Femme d’aujourd’hui, je te regarde ! Je te vois forte et fragile, amoureuse et indépendante, pragmatique et fleur bleue, profonde et légère, différente chaque jour et pourtant la même.
Tu es une battante, une optimiste, une rêveuse et tu as parfois un talent fou pour le bonheur. Tu es tellement vivante dans la grisaille du quotidien. Tu es ma voisine, ma collègue, mon amie, ma sœur. Je te connais si bien, parce que tu me ressembles !

Femme d’aujourd’hui, tu n’es ni Nefertiti, ni Jeanne d’Arc, ni Marie Curie … et pourtant … comme elles, toi aussi du l’as : « ce tout petit supplément d’âme, cet indéfinissable charme, cette petite flamme …* » qui te rend unique !


A vous toutes, mes amies, femmes d’aujourd’hui, je souhaite une belle Journée de la Femme !

* extrait de la chanson Ella, elle l’a (France Gall)

mercredi 14 avril 2010

Dors ...





Dors, grand dragon !
Dors et rêve !
Derrière tes paupières closes,
Tes prunelles d’ambre
Reflètent encore l’or et les joyaux
Que tu emportes dans tes songes.

Dors, grand dragon !
Dors profondément,
Au plus secret des forêts
Et des montagnes !
Les dieux maintenant s’éloignent,
Les enchanteurs se cachent,
Le monde est aux mains des hommes,
Avides de richesse et de pouvoir.

Dors, grand dragon !
Endors-toi, une dernière fois sans crainte !
Dehors, l’envie s’affute
Autant que les armes.
Bientôt, le héros sera prêt,
Sa lame te pourfendra,
Ton sang s’écoulera inexorablement.
Et ton trésor sera pillé.

Dors, grand dragon !
Dors et rêve …
Tisse une ultime fois la toile d’un âge d’or
Pour la terre.
Demain, tu dormiras d’un sommeil éternel.
Demain, l’ancienne magie mourra avec toi !

SW

dimanche 14 février 2010

Rêve bleu




Le monde est bleu et mouvant,
A l’infini.
Le ciel et la mer font l’amour
Dans le lit du vent,
Bercés par la houle.
L’étrave fine d’un voilier
Dessine une ligne illusoire
Sur l’indigo liquide.
Une voile claire
Frissonne dans la brise.
Un homme se tient à la barre,
Face aux embruns,
Seul maître à bord après Dieu,
Un corsaire,
Un rôdeur des mers …
L’écume des vagues
Caresse la coque blanche
Qui s’éloigne, légère,
Comme les ailes d’un ange
Qui volerait trop près des flots …

SW

mardi 12 janvier 2010

Dame Blanche





Dame blanche

La beauté hivernale des derniers jours a mis en avant, une couleur que j’affectionne entre toutes : le blanc … tapis limpide de la neige, blanc transparent de la glace, dentelles délicates du givre … l’hiver est parfois un rêve en blanc. Le pays magique de la Reine des neiges.
Mais le blanc ne se limite pas à l’hiver !

J’aime la couleur blanche, tous les blancs : pur, ivoire, perle ... J’aime les blancs en symphonie, en camaïeu, en monochrome …
Je me souviens des légendes de mon enfance, il y avait toujours une Dame Blanche, si belle, si légère … fée ou princesse …
J’ai un penchant pour les pages blanches, encore vierges, qui appellent les mots, les engendrent …
J’apprécie les murs blancs ou blanc cassé, qui permettent toutes les fantaisies, qui mettent en valeur, toutes les couleurs …
Je goûte la douceur fraîche d’un drap de coton blanc, qui tient tête à la chaleur des nuits d’été et aux petits matins frileux …
Je me laisse séduire par le charme ambigu de dessous blancs : soie irisée qui coule sur le corps, comme de la lumière, guipure dont les transparences jouent avec le grain de la peau…
Je glisse avec plaisir dans l’éther des rêves, vers des contrées où licornes et petites fées vivent en paix …
Je suis enchantée par le manteau immaculé de la neige, qui habille de magie, le froid de l’hiver et donne aux sols la lumière qui déserte les cieux …
J’admire la grâce laiteuse d’un bouquet blanc : roses, muguet, lys ou frésias, parfumés et candides …
J’aime en vrac la crème chantilly, l’écume des vagues, les cerisiers en fleurs, les sourires éclatants, les nappes de fête …
Je me laisse attendrir par la blancheur virginale d’une robe de mariée ou de baptême, promesse de vie et de bonheur …
Je suis émue quand mes doigts glissent sur l’ivoire patiné d’une lettre d’amour qui a résisté au temps …
Un jour, j’aurai les cheveux blancs et je serai une vieille Dame Blanche indigne …

SW