jeudi 6 décembre 2007

Goutte à goutte ...

Une goutte de rosée...

Mille et une perles irisées

Content le mystère de la nuit

Qui s’enfuit

Aux pétales veloutés des fleurs …

Une goutte de pluie,

Mouillée de poésie,

Danse joyeuse en ondée,

Aime mars et ses giboulées,

Sourit aux nuages en pleurs …

Une goutte d’encre,

Sur le cahier du cancre

Devient tache pervenche

Sur les ailes blanches

De l’ange que dessine l’enfant rêveur…

Une goutte de parfum

Trace son chemin,

S’enroule en volutes graciles

Autour d'une nuque fragile,

Puis glisse vers les seins et leur rondeur …

Une goutte salée … une larme ...

Te désarme,

Pose un voile doux amer

Sur notre valse légère …

Et ta tendresse me touche au cœur.

mardi 4 décembre 2007

La part du rêve




Illustration par Cathy Delanssay pour l'album A l'orée des fées
publiée avec l'aimable autorisation de Balivernes Editions

Quelque part dans les brumes légères entre l'âme et son ailleurs, se cachent parfois des fragments de rêve ...




Un chevalier blanc

Affronte la houle de mes nuages,

Un papillon iridescent

Affole les roses peu sages,

Au sommet d’un vieux mur de pierre

Balancent le bien et le mal,

Dans mes prières

Les anges sont en cavale.

Sans hésiter un corsaire plonge

Dans les embruns de mon rire,

La petite fée des songes

Allume tous les désirs,

Sur l’écume délétère

Frangeant l’infinie grève

De mes pensées douces amères,

Il reste la part du rêve …











lundi 3 décembre 2007

Amours mortes


Sur les plages désertes

Argentées de lune,

Dans les palais viennois

Aux accords des valses lentes,

Sous les frondaisons mouvantes

Des érables centenaires,

A l’ombre cramoisie

Des rideaux de théâtre,

Sur les sentiers odorants

Qui courent dans les roseraies,

Devant le Taj Mahal,

Et sous le balcon de Juliette

Errent les fantômes légers

Des amours mortes.

Et là haut, sur leurs nuages blancs

Les anges pleurent tout bas.

samedi 1 décembre 2007

Lettre à un fantôme


Pour changer un peu des poèmes et des contes, voici un genre nouveau ... une lettre ....












Très cher X. (bien trop formel)

Mon amour, (trop commun)

Mon capitaine !

(Je vais garder cette formule, car vous avez toujours été mon capitaine et moi, votre dame, j’ai toujours été ravie d’être votre moussaillon).

Cela fait si longtemps maintenant – des années – que vous avez quitté mon havre pour courir les mers. Sous quels cieux voguez-vous ? Dans quel lagon ? Au milieu de quelle tempête ? Luttant contre quel monstre marin ou quelles sirènes ? (je ne saurais vous avouer lesquels je crains davantage …)

Il me reste si peu de choses de vous (bien trop peu … soupir) … quelques missives, des livres, de rares cadeaux plus précieux que l’or … et des souvenirs … Il m’arrive de déplier vos lettres avec délicatesse, (avec vénération même), et de les relire, effleurant doucement le papier que vous avez touché, les mots que vous avez couchés là. Il m’arrive de picorer au hasard dans vos livres, devinant vos passages préférés, avant de les remettre religieusement dans la bibliothèque de ma chambre. Jamais loin de ma vue.

Parfois il me prend l’envie d’évoquer votre voix et le silence m’oppresse. Parfois je me rebelle contre cette absence. Parfois j’aimerais simplement avoir une de vos chemises, pour m’y enrouler, m’y enfouir, la respirer ou mieux, être cette chemise qui a le droit de se coller à votre corps. Parfois je me perds dans des abysses de larmes et parfois mes songes ont la douceur d’un baiser. Parfois je rêve de vos bras autour de moi, de vos caresses et cela m’entraîne bien loin de la réalité. (Mais quelle réalité pourrait être à la hauteur de ces rêves ?)

Je vous vois souvent (oui, je vous vois …), solitaire et fier à la barre de votre bateau, le visage offert au soleil, à la brise et aux embruns, les bons jours, et bataillant ferme contre les éléments quand l’océan et les vents se liguent contre vous. Je vous imagine la nuit, scrutant l’obscurité, tutoyant les étoiles ou allongé sans repos sur votre étroite couchette, laissant vagabonder vos pensées.

Je vous sais si proche et si lointain … (pourquoi alors le lointain est-il si insupportable ? mais je pense que vous ne sauriez me répondre, puisqu’il doit l’être pour vous aussi).

Pourquoi vous écrire tout cela ? Puisque vous n’aurez jamais cette lettre ! Quel courrier infernal accepterait de s’en charger pour vous la remettre ? Et pourtant je l’écris ! A défaut de partager ma vie, vous êtes l’homme des mes rêves, de mes attentes tranquilles, l’homme qui inspire mes mots et mes espoirs. Du fond de votre absence, vous êtes le capitaine de tous les « possibles ». (Parfois dans mes rêveries se glisse la possibilité, incongrue mais si séduisante, d’un voyage avec vous … d’une île avec vous…et oserai-je l’avouer ? d’un bonheur au soleil avec vous …)

Ne croyez pas que je me plaigne ! Nous avons connu l’amour, la passion et la tendresse et leur parfum suave et entêtant n’est pas près de me quitter … je dirais même que je le cultive … et la plupart des mortels ne peuvent en dire autant. Nous avons beaucoup reçu et beaucoup donné et cela laisse des traces indélébiles. Je confesse qu’il m’est arrivé de vouloir vous oublier, vous arracher de mon cœur … mais … je suis à tout jamais la femme du Hollandais Volant …

Je supplie Dieu et toutes les créatures des abysses d’être indulgents avec vous et de vous protéger jusqu’au jour où nous serons à nouveau réunis. Je confie cette lettre à une fragile bouteille qui devra tenir tête aux vagues et aux vents. Sans doute qu’elle ne vous parviendra jamais. Mais la mer chantera pour l’éternité dans tous ses coquillages, l’amour d’une dame pour son capitaine …

Je vous garde dans mon cœur et dans ma peau … je vous aime … je vous attends …

Votre lady

Pour cette lettre, je me suis un peu inspirée de la légende du Hollandais Volant, que j’ai tissée avec d’autres éléments.

Pour rappel : Il existe plusieurs légendes concernant l’origine de ce vaisseau fantôme. La plus connue est celle qui inspira Richard Wagner pour son opéra « Le Vaisseau Fantôme ». Au XVIIème siècle, au large du Cap de Bonne Espérance, le Capitaine Van der Decken subissait la plus forte tempête que sa carrière de marin n’ait jamais vue. Hurlant, défiant et injuriant Dieu car le bateau était sur le point de sombrer, il fut maudit à jamais ; condamné à errer sur les flots et dans les limbes, n’étant ni mort ni vivant. Il sera « délivré » par l’amour de sa femme qui acceptera de mourir pour sauver son âme.

Le cinéma s’est également emparé de cette légende. Dans le film Pandora, par exemple ou dans le troisième opus de Pirates des Caraïbes, où le Hollandais Volant aura le droit de vivre son amour pendant un jour tous les dix ans.

mercredi 28 novembre 2007

Tourbillon


(illustration aimablement mise à disposition par Mano -

http://www.manoz.fr/dotclear/index.php/)




Tournent les heures …

Et dans la nuit, mes pensées,

Tournent les danseurs,

Tourne la ronde des fées.

Tournent les pages

Et tourne la vie.

Tournent les images,

Qui virevoltent à l’envie.

Tournent les étoiles,

Tournent les rêves,

Tournent les voiles,

Que le vent soulève.

Tournent les airs de fête,

Tournent les manèges,

Tournent les têtes :

Parfum de sortilège …

Que se retourne la terre

Et se détournent les chemins,

Mon âme buissonnière

Tournoie dans ton ciel serein.

Le noir te va si bien


Noire est la nuit ... et la tristesse ...
mais noire est aussi la magie ... et la séduction ...



Le noir te va si bien !

Tu parais plus humaine

Quand ton regard

Brille de larmes

Et que l’on voit courir

La souffrance

Sur les méandres de ton âme.

Les cernes ombrent tes yeux

Bien mieux que les fards

Et te rendent émouvante,

Fragile …

La colère te rend belle !

Si tu t’abandonnes

A la rage, c’est en reine

Comme ces frémissantes panthères

Prêtes à bondir,

Qu’on aimerait dompter

Mais qui ne seront jamais

Tout à fait

Apprivoisées.

Farouches …

Tu es une rebelle de l’ombre !

Toujours tu l’as été,

Toi

La paisible,

Qui passe ta vie à te battre

Contre toutes les injustices,

Les moulins à vents,

Les diktats de l’air

Du temps

Et pour tous ces petits riens …

La liberté … l’amour …

Ton sourire ne fait plus recette

Ni ta lumière,

Ni ta douceur.

Les fées dorment dans des livres fermés,

Les muses ont oublié les poètes,

Même les histoires finissent mal

La vie se décline

En couleurs sombres.

Arrête de rire,

Tu devrais vraiment me croire,

Tu es faite

Pour le noir !


mardi 27 novembre 2007

Couleurs d'automne


L'automne toujours avec son atmosphère un peu hors du temps, sa magie mélancolique ...















La nuit

Hésite à s’en aller.

Elle jette sur ses épaules

Sa lourde cape de voyageuse

Dont les pans traînent,

En brume

Derrière elle.

Elle éteint au passage

Les rares étoiles qui tenaient tête

Aux nuages.

Très lentement

L’anthracite devient gris épais

Et un jour incertain

S’installe.

Nulle lueur rose vers l’Orient,

Nul chant d’oiseau

Ne saluent son arrivée.

Les heures s’égrènent

Dans d’infimes changements

De grisaille.

Vers midi le monde se fige

Un instant,

Dans une luminosité perlée

Avant de basculer

Sous le premier rayon

De soleil.

Comme par magie

Le ciel s’est teint en bleu,

Profond.

L’après-midi

Retient son souffle,

Pour perdurer un peu.

Le pâle soleil d’automne

Se démultiplie

Dans la flamboyance

Or et rousse

Des arbres,

Avant de disparaître

En feu d’artifice

Pourpre,

Dans la sérénité du crépuscule.

Majestueusement

La nuit revient.

Souriant de sa bouche

De lune,

Elle jette

Ses étoiles par poignées

Dans les cieux …