
La grande maison est vide,
Vide et silencieuse.
Une silhouette de femme déambule
Dans les chambres et les couloirs,
Légère comme l’ombre des souvenirs
Qui la hantent,
Petits fantômes doux-amers,
Dansant dans sa mémoire
Et dans les cendres encore tièdes
De son amour.
Il suffirait d’un rien pour les rallumer,
L’étincelle est toujours là,
Prête à jaillir.
Elle effleure d’une main hésitante,
Les touches lisses du piano.
Elle aimait quand il jouait pour elle
Une mélodie jazzy
Ou une valse triste de Chopin.
Elle caresse le grand canapé rouge
Et les pierres froides de la cheminée.
Elle s’approche de la fenêtre
Et regarde le jardin d’hiver,
Gris et endormi,
Comme son cœur.
Son soupir trouble à peine le silence.
Comme sa voix lui manque,
Tour à tour tendre, joyeuse, impérieuse.
Quand il était là,
Tout chantait, s’animait.
Il était la chaleur, la tendresse, le rire,
La douceur, la passion … la vie …
Une larme coule doucement
Sur sa joue pâle.
Au loin, elle voit disparaître
Le clocher de la petite église
Dans le tourbillon des flocons
Qui commencent à tomber.
Ce soir,
Le cimetière dormira sous un linceul blanc …
SW